Le planeur sous-marin SeaExplorer bat un record du monde

crédits photo : ACSA/ALCEN

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Article source:maxisciences.com

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Publié par Émeline Ferard, le 30 décembre 2013

En novembre dernier, le planeur SeaExplorer est devenu le premier sous-marin autonome équipé de batteries rechargeables à battre un double record du monde, de durée et de distance : durant une mission de 60 jours, il a parcouru pas moins de 1.183 kilomètres. Après plusieurs années de développement et de tests, le SeaExplorer a réalisé des débuts plus que prometteurs. En novembre dernier, le planeur sous-marin conçu par la société ACSA a battu un double record du monde grâce à une mission menée au large de la Côte d’Azur. Mis à l’eau le 5 septembre, il n’est revenu que 60 jours plus tard, le 5 novembre à 11H30, après un parcours de plus de 1.183 kilomètres et ce, avec une seule charge de batterie.

Car contrairement aux planeurs qui utilisent des piles alkaline ou Lithium primaire, SeaExplorer est lui équipé de batteries rechargeables. Il est ainsi devenu le premier engin sous-marin autonome de ce type à battre un record du monde de durée et de distance parcourue. Une fierté pour ses concepteurs. « L’objectif de la mission était d’évaluer l’endurance de notre premier planeur équipé de batteries rechargeables tout en effectuant des mesures océanographiques sur son parcours », a expliqué Hervé Claustre, Directeur de recherche au Laboratoire d’Océanographie de Villefranche (LOV) qui collabore avec l’ACSA. Le but du SeaExplorer est en effet de naviguer en toute discrétion dans l’océan pour collecter des données sous-marines en continu qu’il retransmet ensuite par liaison satellite à une station sol. Pour cela, le planeur est équipé d’une antenne et de plusieurs capteurs destinés à collecter différents types de mesures dans les fonds marins. Pour la mission de deux mois, il était également doté d’un capteur mesurant la conductivité, la température et la profondeur et d’un capteur d’oxygène dissous.  Des données de grande qualité Navigant à une vitesse de 0.5 nœud, le SeaExplorer a permis d’obtenir plus de 1.168 profils sur une colonne d’eau allant de 0 à 500 mètres de profondeur. « Le planeur SeaExplorer a acquis des données océanographiques de grande qualité et avec une très bonne résolution le long de ses transects « Continent-Corse » dont les premiers résultats seront présentés par le LOV lors du salon Ocean Science Meeting à Honolulu (Hawaï) en février 2014″, a précisé Hervé Claustre dans un communiqué de l’ACSA. Même lors de tempêtes, les équipes supervisant la mission n’ont jamais perdu contact avec le SeaExplorer. Le voyage du planeur a juste été interrompu lorsque les paramètres internes du planeur indiquaient 18% d’énergie restante. Une performance qui souligne la fiabilité du planeur, selon ACSA. Depuis le Centre Français d’Opérations planeurs (CNRS DT-INSU), Laurent Beguery, expert consultant pour ACSA a commenté :« Je suis ravi que le SeaExplorer ait atteint plus de 8 semaines d’autonomie et établi ce record. Cette performance d’endurance est clairement un succès ». « Ceci montre que le premier planeur rechargeable est maintenant assez mûr pour représenter  une sérieuse alternative aux planeurs équipés de piles alkaline et Lithium« , a ajouté l’expert. Et l’enjeu est de taille car les batteries rechargeables permettraient de faire des économies tant en terme énergétique, qu’en terme de temps et de main d’oeuvre. Des missions plus économiques « Sur 10 mois d’opérations en mer par an, les batteries rechargeables permettent de jouir d’un taux de disponibilité plus élevé mais également de coûts opérationnels réduits de 75 000 à 150 000 Euros par planeur sur une période de 5 ans comparés aux technologies primaires alkalin et Lithium », a indiqué Patrice Pla d’ACSA. Ce type de planeur évite de changer les piles tous les 2 à 4 mois (les batteries devront seulement être changées tous les 10 ans) et réduit le nombre d’heures passées dans l’atelier. Le SeaExplorer permettrait donc de mener des missions scientifiques plus économiques pour mieux comprendre le fonctionnement des océans et étudier l’impact des changements environnementaux sur le milieu. Cela fait plusieurs années qu’ACSA et ses collaborateur testent le planeur. Au cours des années précédentes, plusieurs essais ont ainsi été menés et se sont avérés prometteurs. En juillet 2012, le robot en test avait disparu avant d’être finalement récupéré quelques jours plus tard. Au vu des premières performances de l’engin, son calendrier a déjà été rempli. En juin prochain, le SeaExplorer participera à une opération de 15 jours pour laquelle il sera équipée d’une charge acoustique passive. Actuellement, les scientifiques travaillent d’ailleurs sur la possibilité d’ajouter d’autres instruments comme des caméras vidéo ou un enregistreur acoustique. Une nouvelle plateforme équipée de capteurs additionnels devrait être prochainement déployée. (crédits photo : ACSA/ALCEN) 

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Mise à jour investigation océanographique et oanis, le : 05/01/2014 à : 11h25.

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